Johan Museeuw, le « Lion des Flandres » a toujours considèré Patrick Lefevere comme un « père cycliste ». Dans une interview à l’agence de presse Belga, le champion âgé de 59 ans parle déjà de « la fin d’une époque ».
Museeuw est passé de l’équipe Lotto à GB-MG Maglificio de Lefevere en 1993. Le champion du monde 1996 à Lugano y est resté jusqu’en 2004 et il a remporté ses plus grands succès durant cette période, notamment sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.
Johan Museeuw: » Les adieux de Patrick, c’est un peu la fin d’une époque. Je lui ai souvent parlé ces dernières années de ce moment où il allait laisser tomber. Il a fait tellement de choses, tout cela avec une telle pression. Après sa maladie (tumeur), il a continué à travailler dur. Je lui ai conseillé d’anticiper, mais je sais aussi qu’il sera difficile à remplacer.
Je travaillais parfaitement avec Patrick durant des années. C’était un père cycliste. J’ai voulu arrêter après Paris-Tours en 1996. Il m’a convaincu de remonter sur le vélo et je suis devenu champion du monde quelques jours plus tard. Il savait motiver les coureurs et créer une ambiance de groupe parfaite. Cela représentait Patrick Lefevere en tant que personne. Il n’a pas toujours été facile, mais il a fait ressortir le meilleur de chacun de nous. »
Son directeur sportif Wilfried Peeters ne tarit pas non plus d’éloges sur Patrick Lefevere
« Patrick m’a dit il y a quelque temps qu’il allait démissionner de son poste de PDG de l’équipe. Je n’y croyais pas au début, mais il n’arrêtait pas de confirmer sa décision. Maintenant, c’est officiel. Il s’arrêtera fin décembre. Cela semblera étrange. En fait, il n’a jamais été mon patron. C’était un ami et un deuxième père.
Je suis associé à Patrick depuis 1993. Nous avons vécu des choses incroyables. Nous étions ensemble dans les bons et les mauvais jours. Il m’a même convaincu de mettre fin à ma carrière de coureur. J’ai eu l’opportunité de devenir directeur sportif de son équipe ensuite. J’ai saisi cette opportunité.
Une main de Patrick valait autant qu’un contrat signé. Une parole était une parole. Je l’ai suivi aveuglément et j’ai beaucoup appris de lui. Et aussi comment traiter avec les gens. Il a été mon exemple et j’espère transmettre ce que j’ai appris aux coureurs qui nous accompagnent. Je dois beaucoup à Patrick »